À la poursuite du bonheur

Maintenant que je me trouve aux portes du monde du travail, il est temps de passer en revue ce que je croyais être mes rêves, mes plus intimes convictions, ces bonheurs hypothétiques dont je ne démordais pas.

En classe de troisième, on nous avait demandé de lister par ordre d’importance trois métiers que l’on aurait souhaité exercer. Quand j’y repense, j’aurais dû la jouer en mode troll, parce que je trouve pas ça sérieux de demander ça à des gamins de 14 ans. À cet âge, on s’imagine difficilement tous les types de métiers qui puissent exister, surtout quand on s’enveloppe dans une épaisse couche de rêveries comme je l’ai fait.
En haut de cette fameuse liste, j’avais mis chanteuse lyrique, et juste après : écrivain. Et j’avais laissé le troisième choix en blanc parce que vraiment, un vortex monstrueux s’était créé dans mon cerveau. Aucun autre métier ne correspondait à mes dada de l’époque. All of this is far too mainstream for me, ya know. Peut-être ai-je eu le mérite d’exaspérer la conseillère d’orientation, qui par ailleurs ne faisait pas son boulot.

Vous l’aurez compris, je ne m’étais pas destinée à des métiers évidents, et j’ai toujours préféré m’asseoir confortablement sur mes acquis, mes facilités et ce qui me procurait du bonheur. Le chant et l’écriture, donc, car je n’étais pas vraiment ce qu’on appelle une élève avec des facilités, alors les carrières universitaires et élitistes découlant du fait d’être bon élève … bof. Je crois que jusqu’à l’âge de vingt ans, je jurais que si j’arrêtais de chanter, je serais foutue, que j’avais besoin de ça au quotidien, etc, etc, chacun sa drogue. Et puis j’ai arrêté. Et je suis toujours de ce monde, à moins qu’on m’ait menti.

J’ai juste changé de trajectoire. De celle qui menait vers les nuages de la nébuleuse rêverie, je suis passée à un chemin plus terre à terre, contournant patiemment les obstacles qui se trouvaient sur ma route. Il est mauvais de rester accroché à ses rêves, borné, sans vouloir prendre la peine de regarder autour de soi, de sentir ce qui se passe en soi. Parce que clairement, en chant lyrique, il y avait du boulot; et ça, j’ai pas voulu l’entendre. Et chanter du Haendel, c’est pas non plus ce qui me donnait le plus confiance en moi, je me sentais très mal à l’aise. Alors faire carrière, c’était un peu risible.

Mais bon, mes pratiques artistiques m’ont pas mal sauvé la mise quand j’étais à l’école, elles m’ont permis de m’évader et d’explorer autre chose que des bouquins indigestes et des programmes abscons, alors je leur dois bien de pratiquer un métier (j’espère) qui leur soit consacré. Je ne serai pas chanteuse, ni comédienne, mais un jour j’espère produire des artistes et prendre part à cette énorme machine qu’est la culture.

À la poursuite du bonheur

« Rien n’empêche le bonheur comme le souvenir du bonheur » – André Gide

Je garde un souvenir impérissable d’un chef de chœur qui a illuminé ma vie. J’aurais pu auditionner pour faire partie de ses chanteurs et partir en tournée avec eux. Et puis ça ne c’est pas fait. Je ne dirais pas avoir raté le coche de ma vocation, mais plutôt avoir réussi à toucher du doigt un bonheur immense et sincère comme l’est celui d’un enfant de dix ans.

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2 réflexions sur “À la poursuite du bonheur

  1. J’ai découvert ton blog il y a quelques jours. Très sympa ! Continue ! AAAaaaah la poursuite du bonheur… une quête sans fin sans laquelle notre existence n’aurait de sens. Se laisser la possibilité de s’écouter comme tu le fais, c’est déjà s’engager sur cette voie !

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