Dis-moi ce que tu penses, je te dirai qui tu es

En cette fin de première semaine de rentrée, il me paraissait important d’aborder avec vous un trait majeur de la construction de soi : l’opinion, les goûts, les centres d’intérêts.

Contre toute attente, l’être humain pense (ah ouais, tu veux une baffe pour voir), et cela semble être à priori une activité individuelle. À priori, et c’est bien là le problème. Il m’arrive encore régulièrement, à mon grand âge, d’avoir un mal fou à assumer mon opinion, mes goûts. Et j’envie profondément les personnes autour de moi qui émettent leur avis sans se préoccuper le moins du monde des retentissements que cela aura sur les autres.

Sauf que moi, j’y arrive pas. Il faut que quelqu’un, ayant le même avis que moi, me précède pour que j’ose ouvrir ma gueule. Je camoufle tant bien que mal des tentatives qui ne trouvent pas preneur, comme si j’avais honte de mes goûts. Et je me sens limite mal quand je descends quelque chose qui ne me plaît pas mais enthousiasme quelqu’un de mon entourage.

Je passerai sur les détails qui selon moi m’ont amenée à me censurer, mais disons que les petits camarades de la cour de récré ne sont pas forcément enclins à entendre un avis autre que celui de leurs parents. Comment élever la voix parmi tant de moutons de panurge qui ont déjà décidé de tout par avance ? La musique que t’écoutes ? Les fringues que tu portes ? Tes activités ? Et ta gueule, pendant qu’on y est ? L’école du conformisme est là, prête à bondir, et j’ai passé un temps fou à me recroqueviller sur moi-même, de peur d’être jugée, au lieu de prendre le temps d’assumer et d’être fière de ce que je pensais et faisais. J’avais trop peur de baisser dans l’estime de gens qui, en plus, ne font plus partie de ma vie. Quelle belle jambe ça me fait !

Quand certains de mes amis émettent une opinion défavorable envers quelque chose que j’apprécie, sans que je l’aie précisé, ça ne me fait rien, ils n’en restent pas moins des personnes auxquelles je tiens. Alors pourquoi l’inverse aurait-il lieu ? Il me manquera quelque chose tant que je n’arriverai pas à dire ce que je pense lorsque je le veux. Mon premier devoir de rentrée, ça va être ça. Donner son opinion, et toucher du doigt le charisme de ceux qui savent s’exprimer. Si on est pas d’accord, c’est pas grave, c’est la diversité sous toutes ses formes qui est intéressante.

On a cru bon de me dire, un jour, que préférer les macarons Pierre Hermé à ceux de Ladurée était une faute de goût. Faites-moi plaisir, ne tombez pas plus bas que terre.

Dis-moi ce que tu penses, je te dirai qui tu es

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